Pourquoi la voiture électrique est bonne pour la climat par Cédric Philibert

Auteur : Cédric Philibert (cedricphilibert.net) est chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Il a travaillé pendant vingt ans à l’Agence internationale de l’énergie (AIE). En 2023, il a publié Éoliennes, pourquoi tant de haine ? Edition (Les Petits Matins/Institut Veblen

Pour préserver le climat et la santé des populations, l’Union Européenne a décidé d’interdire le moteur thermique pour les voitures neuves en 2035.

Sans ignorer les autres causes multiples émettrices de gaz à effet de serre (GES), Cédric Philibert aborde ici l’importance des transports, premier émetteur de CO2 en France.

A la voiture électrique qu’il considère comme nécessaire pour venir remplacer rapidement le moteur thermique, il note que des alternatives comme les transports en commun, le report modal, la réduction de la taille des parcs automobiles, les mobilités douces, ou encore l’autopartage sont indispensables. Ce sont là des choix personnels et des aménagements d’infrastructures territoriaux devant être opérés dans les trente prochaines années, sans oublier de prendre en compte la situation des pays en développement dépourvus de moyens et des zones périphériques et rurales de nos pays développés où l’automobile est indispensable.

Si pour lui les remarques sur la nécessaire réduction du trafic sont souvent pertinentes, les critiques à l’égard de la voiture électrique ne suffisent pas à la condamner. Au contraire, outre la généralisation d’une production d’énergies renouvelables et surtout décarbonée, « Il faut permettre au plus grand nombre d’accéder demain à ce nouveau moyen de mobilité à un prix abordable, et s’assurer que les recharges soient faciles, pour les déplacements du quotidien comme pour les longs voyages ».

Pour se défaire des énergies fossiles, il aborde aussi les autres moyens de la décarbonation au travers du train, des liaisons interurbaines,  du fret ou encore des efforts à fournir pour le fret maritime ou l’aviation commerciale, sans oublier les agrocarburants, le biogaz ou l’hydrogène.

Bien évidemment, la question que tout le monde se pose sur le bilan environnemental du véhicule électrique au travers de sa fabrication a droit à son chapitre pour réponde aux exagérations simplistes qui entourent cette innovation comme par exemple l’extraction minière, leur recyclage, les risques de gaspillage de ressources.

Pour autant, la nécessaire accélération de la production de ces matériaux qui font suite à la forte demande, doit impérativement mieux prendre en compte la préservation de l’environnement et refuser les conditions de travail inhumaines tout en regagnant en souveraineté à l’égard de pays comme la Chine.

Réussir ce pari d’une généralisation des véhicules électriques répondant à tous ces défis demande à ce que les décideurs européens et français ne reculent pas devant les premières difficultés et que les informations apportées aux citoyens soient de qualité et leur permettent de balayer les contre-vérités massives d’aujourd’hui.

Dans la rubrique « c’est à lire », un bon de commande à nous retourner avant le 15 MARS 2024 à l’adresse suivante : adubois@ardd.eu

Pourquoi la voiture électrique est bonne pour la climat par Cédric Philibert

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